Gournay et ses fiefs de Palpoix, de la Forge et de la Grapine, la seigneurie d’Heurtebise
GOURNAY-SUR-MARNE et ses fiefs.
La Palpoix, La Forge et La Grapine ou Blanche Mie, La Seigneurie d’Heurtebise
Cet article replace les fiefs de Gournay-sur-Marne dans le contexte historique
et se termine par un focus sur Heurtebise, un domaine élevé au rang de seigneurie, dans le fief de la Grapine.
C’est l’occasion de combler quelques lacunes dans nos connaissances et de mettre au point le déroulé des seigneurs de Gournay
Gournay-sur-Marne a d’abord eu de nombreux fiefs vassaux dont le Seigneur de Gournay était suzerain, et dont il recevait des revenus récurrents importants.
C’est sous Jeanne d’ÉVREUX, ancienne Reine de France, Dame de Gournay-sur-Marne que la châtellenie de Gournay a eu le plus de « dépendances » appelés fiefs dans le système féodal.
En 1330, Jeanne d’ÉVREUX (1310-†1371)[1], qui était la troisième épouse, veuve du dernier roi capétien direct, (sans héritier mâle) CHARLES IV Le BEL (1294-†1328), depuis son château de Brie Comte Robert avait acheté à la précédente Dame de Gournay, Marguerite de MEULLENT (MEULAN), la seigneurie de Gournay-sur-Marne afin de jouir des revenus des nombreux fiefs et possessions de Gournay dans la province de Brie qui étaient alors considérables avec
Champs,
Lognes,
Malnoue,
une partie de Champigny,
La Queue,
Nogent,
Neuilly-sur-Marne,
Pontault,
Roissy, (en partie)
Rosny,
Sevran,
Noisy-le-Grand (en partie)
Gagny.
Grâce à cette acquisition Jeanne d’ÉVREUX pouvait aussi encaisser les revenus provenant des péages de passages sur la Marne qu’elle partageait à égalité avec l’évêque de LISIEUX ainsi que d’autres droits sur Montfermeil, Chelles, Brou et en partie Pomponne.

Gisant de Jeanne d’Évreux à Maubuisson
Par Acoma (2008-12-26), CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6412192
C’est dire si la Seigneurie de Gournay avec tous ses fiefs dans la Brie était un bon fromage.
En 1345, son héritière BLANCHE de FRANCE (1328-†1393) fille posthume du roi CHARLES IV épousa PHILIPPE D’ORLEANS fils du roi PHILIPPE VI DE VALOIS.
En 1375, veuve de PHILIPPE D’ORLEANS, sans descendance, BLANCHE DE FRANCE transféra la nue-propriété de la seigneurie de Gournay à la couronne de France (le roi étant CHARLES V LE SAGE) et en garda l’usufruit jusqu’à son décès en 1393.

Gisant de Blanche de France Basilique Saint Denis
Par Acoma — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5694992
Gournay-Sur-Marne resta à la couronne de 1375 jusqu’à la révolution française.
En 1385, CHARLES VI (1368-1422) LE BIEN AIMÉ (dit LE FOL qui ne fut pas fou tout le temps), attribua la nue-propriété à vie de Gournay à BUREAU DE LA RIVIÈRE, (-†1400)[2] qui fut le très fidèle chambellan de CHARLES V, et plus tard chambellan de CHARLES VI. BUREAU DE LA RIVIERE était fait ainsi seigneur engagiste de Gournay-sur-Marne. Gournay restait ainsi à la couronne de France et l’engagiste allait l’entretenir pour s’assurer des revenus.
BUREAU fut enterré en 1400 à la Basilique Saint Denis aux pieds de CHARLES V.

Bureau de La Rivière statue de la fin du XIVe Cathédrale d’Amiens
À partir de BUREAU DE LA RIVIÈRE, les rois de France nommèrent des seigneurs engagistes successifs pour veiller sur la seigneurie de Gournay et en jouir, récompensant ainsi des chevaliers, des conseillers, des écuyers dignes de leur confiance. Il leur reprenait en cas de perte de confiance ou pour toute autre raison.
À la mort de Bureau de la RIVIÈRE, en 1400, la seigneurie revint entièrement à la couronne jusqu’en 1448.[3]

Charles VII roi de France par Jean Fouquet
École de France , Département des peintures Le Louvre
© 2024 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Adrien Didierjean
CHARLES VII fit, alors, vers 1450, don à vie de la tour seigneuriale et de la châtellenie de Gournay à Hugue de VENNEDE[4][5], il s’agit en réalité du capitaine écossais qui s’était illustré à la bataille de Baugé en Anjou, Hugh de KENNEDY[6] d’ARSTINCHAR (Ayrshire, Scotland), capitaine écossais de la garde du roi et compagnon de Jeanne D’ARC au siège d’Orléans.

Au départ de KENNEDY en 1454 CHARLES VII confia à vie Gournay-sur-Marne à Thomas HOUSTON (chevalier écossais du clan Mc DONALD, originaire de Girvan, Ecosse) pour sa bravoure car ce compagnon de Jeanne D’ARC au siège d’Orléans, était entré en tête des troupes dans la place de Meaux après avoir été blessé et mutilé.
En 1456 LOUIS XI échangea avec Thomas HOUSTON Torcy contre Gournay pour lui permettre de donner Gournay à Antoine de CHABANNE COMTE de DAMMARTIN.
En 1461[7], le roi CHARLES VII échangea Montrichard contre Gournay avec Guillaume de HARCOURT de TANCARVILLE.
En 1465, LOUIS XI échangea avec Antoine de CHABANNES Gournay contre Blanquefort.
Pour faciliter la distribution par le roi de titres seigneuriaux et de droits fonciers à ses fidèles vassaux, le système féodal a permis la création de nombreux fiefs. Le phénomène s’est accélèré avec l’extension de la noblesse de robe.
La seigneurie de Gournay fut progressivement allégée de nombreux fiefs dont disposa à son gré le suzerain.
Au sein de Gournay-sur Marne les fiefs de LA PALPOIX, de LA FORGE, de LA GRAPINE ou de BLANCHE MIE
Ainsi le 17 juin 1493, le roi Charles VIII (1470-†1498) divisa par lettre patente[8] la seigneurie de Gournay-sur-Marne en plusieurs fiefs.

Charle VIII École Française 16ème Musée de Condé Chantilly
Fut ainsi créé dans l’Isle de Baubigny, le fief de LA PALPOIX qui comprenait l’emplacement de l’ancien château médiéval fortifié avec son donjon en ruine, une demeure, deux pêcheries, deux arpents. Il confia par lettres patentes données à Lyon en mai 1494, ce faisant, le tout au chevalier, seigneur de BAILLY, Robert II THIBOUST, (..-†1503 )[9] fils de son très fidèle avocat, et président à mortier, en la Grande Chambre du Parlement de Paris[10] .
Robert II THIBOUST fut ainsi fait seigneur engagiste en partie de Gournay. En partie, car le Prieuré de Gournay était encore souverain sur une grande partie de Gournay.
En 1530, le roi François 1er échangea avec Antoine du BOIS, évêques de Bézier, Gournay-sur-Marne contre des terres dans la Hainaut que le Roi cédait par traité à l’empereur CHARLES QUINT.
En 1531, François 1er séjourna à Gournay-sur-Marne
En 1534, Antoine de BOIS restitua Gournay au roi.
HENRI II [11] céda Gournay-sur-Marne à Nicolas LE JAY, maître des comptes, qui la revendit en 1556 avec l’accord royal à Pierre du GRIFFON, écuyer, valet de chambre ordinaire du roi, anobli en 1555.
En 1572, sous CHARLES IX, un aveu et dénombrement du fief de la Grapine est rendu à Michel DUFOUR, conseiller du roi et seigneur de Champs, par Charles Dargillière conseiller du roi en la chambre des comptes de Paris.
Les roi FRANÇOIS 1er HENRI II et HENRI III s’étaient réservé la vieille tour seigneuriale de Gournay jusqu’à ce que les Commissaires de sa Majesté HENRI III la vendirent en 1577 avec les ruines et pourtours à LE JARS[12], capitaine, qui fut fait Seigneur engagiste de Gournay-sur-Marne par HENRI III. Il pourrait s’agir de Omer LE JARS enterré à Sens, plutôt que G LE JARS mentionné par erreur par l’Abbé LeBeuf, le LE JARS dont est issue la philosophe Marie LE JARS de GOURNAY (il s’agit de Gournay sur Aronde en Picardie)
Epitaphe d’Omer LE JARS
« Ci gît et repose le corps d’Omer le Jars, écuyer, sieur de Gournay, ancien conseiller du
Roy, commissaire ordinaire des guerres et à la conduite de la compagnie de gens d’armes et
de celle de chevaux légers des défunts messires les Princes de Condé père et fils,
âgé de….. années est décédé le … à Sens », Couvent des Dominicains [13]
En 1592, HENRI IV ordonne de bâtir le Fort de Gournay pour filtrer les passages des bateaux sur la Marne. Il confie la garde de GOURNAY-PILLE BADAUT[14] et une garnison à Odet de LA NOUE, capitaine d’armes et poète.
En 1596, le roi HENRI IV confia son Domaine de Gournay à François ALLEMANT de GUEPEAN. qui avait été homme de confiance de ses prédécesseurs. Le seigneur engagiste ALLEMANT demanda et obtint, selon le répertoire du conseil d’état, du roi HENRI IV une indemnisation pour les destructions occasionnées par la réalisation du Fort de Gournay dont le commissaire général des fortifications demanda la destruction par les corvées royales de ses sujets sis jusqu’à 4 lieux autour de Gournay.
De GUÉPEAN devint conseiller du roi en son conseil d’état et président en son grand conseil.
Les travaux de construction d’un manoir seigneurial s’étalèrent entre 1602 et 1612.
En 1620, François ALLEMANT de GUEPEAN décédait.[15]
Le Conseiller du roi Jacques PYLLE fut désigné à sa suite, seigneur engagiste de Gournay et châtelain.
En 1637, Étienne LEVASSOR, écuyer, secrétaire et conseiller du roi, et seigneur du fief de LA FORGE[16] épousait Marie FAVIERES, fille de Guillaume FAVIERES, maçon à Noisy-le Grand, et de Mme du Coudray. Il faisait avec elle l’acquisition du logis seigneurial de Gournay sis au fief de PALPOIX.
Jacques PYLLE, de son vivant conseiller du roi, en la chambre des comptes du Chatelet, décédait le 18 août 1638, sa tombe dans l’église seigneuriale fut transférée en 1720 dans la nouvelle Église Saint Arnoul.
Ses héritières, ses sœurs Marie de PYLLE et Élisabeth de PYLLE cédèrent en 1653 la seigneurie en partie de Gournay-sur-Marne, sa châtellenie et les terres restantes à Éléonore d’ESTAMPE, épouse depuis 1621 du Marquis de MONCHY d’HOCQUINCOURT que Louis XIV et Mazarin firent Maréchal en 1651.
En 1654, la Maréchale d’HOCQUINCOURT, Dame de Gournay céda le terrain et la tour du vieux château en ruines à Etienne LEVASSOR et à son épouse Marie FAVIERES[17], elle prévoyait d’utiliser le produit de la vente pour la reconstruction du Pont de Gournay détruit en 1649 pendant la Fronde des Princes
Mais son époux Charles de MONCHY, Maréchal d’HOCQUINCOURT ayant rejoint la fronde en 1655, et les espagnols dans le nord, perdit la confiance royale et fut déchu ainsi que son épouse des titres qu’ils lui devaient. C’est ainsi que l’ancienne Maréchale d’HOCQUICOURT perdit la seigneurie en partie. La reconstruction promise du pont fut abandonnée. Toutefois des terrains appartenaient à sa descendance se trouvaient encore au Petit Paris en 1848 lors des réquisitions faites pour le creusement du canal de Chelles.
Le roi LOUIS XIV attribua la seigneurie en partie de Gournay à son conseiller, le secrétaire du roi, Étienne LEVASSOR, en 1655. Celui-ci s’établit dans l’ancien logis seigneurial sur l’île de Baubigny dans le fief de La Palpoix mais à l’écart de la tour du l’ancien fort.
Étienne LEVASSOR, châtelain et seigneur en partie de Gournay qui tirait peut-être des leçons des inondations de 1652 du vieux manoir seigneurial, recréait la tranchée du grand fossé nord-sud amenant l’eau de la Marne au Bras[18] Saint Arnoult à travers l’île de Baubigny, pour des raisons précises inconnues (projet d’asséchement du bras en amont en aval, ou drainage de Baubigny, ou même pour faciliter des travaux prochains de nouveau pont ou de nouveau moulin sur la partie amont du bras).
Le Seigneur Étienne LEVASSOR décédait le deux avril 1665, il fut enterré dans l’église-chapelle seigneuriale Saint Arnoul. Sa tombe fut transportée en 1720 dans la nouvelle Église saint Arnoul construite par le frère dominicain François Romain pour Claude Elisée de COURT. Elle y est toujours visible fixée à la verticale contre un mur.
Sa fille Marie LEVASSOR, quoique mineure, devenait Dame engagiste de Gournay car la succession de Étienne Levassor prévoyait un partage entre la fille aînée Marie Levassor et le fils puiné, Étienne Levassor : à Marie Levassor le fief de la Palpoix et le fief de la Forge et la châtellenie en partie ; à Étienne Levassor jr le fief de la Grapine.[19]
Etienne Favières junior, vendit en 1666 une partie du fief de la Grapine (ou Blanchemie) à son oncle maternel Guillaume Favières, maçon à Noisy qui le céda ensuite à Jehan LEFEBVRE dont les fils cédèrent ensuite une partie à Etienne Guillaume Favières et à Etienne Tranquille Favières.[20]
C’est probablement entre 1666-1667 que furent construit simultanément sur le fief de la Grapine :
– à l’ouest du chemin des prés de Noisy, par Etienne Levassor, la Ferme de Gournay
– à l’est du chemin des prés de Noisy par les frères Favières (ses neveux par alliance), les bâtiments à l’exact emplacement futur du château d’Heurtebise.

Dessin à la pierre noire de PILLEMENT en 1770.
Le chemin des prés de Noisy se dirige vers l’église Saint Arnoul de Gournay, il sépare les bâtiments de la Ferme de Gournay à l’ouest des bâtiments du futur domaine d’Heurtebise à l’est.
En septembre 1668, Étienne Tranquille FAVIÉRES alors conseiller du roi, correcteur de la chambre des comptes, fut témoin du contrat de mariage passé en septembre 1668 entre sa nièce Marie LEVASSOR, mineure mais tout de même Dame de Gournay, et Louis ANCELIN, contrôleur général de la Maison de la Reine et fils de l’ancienne nourrice royale Perette DUFOUR, Veuve d’Étienne ANCELIN.
Vingt ans plus tard leur fils Etienne ANCELIN, chevalier, lieutenant de frégate fut seigneur de PALPOIX.
Le Domaine d’HEURTEBISE
Mme Mélanie MACOUIN dans son étude historique[21] cite les propriétaires successifs d’une parcelle en trapèze de 3,4 hectares remontant à la seconde moitié du XVIIème siècle. Elle indique qu’auparavant ces terres faisaient probablement partie de la grande propriété du Prieuré ».
Guillaume FAVIERES, maçon à Noisy-le-Grand, et sa femme Jeanne du COUDRAY étaient propriétaires de ce lieu depuis que leur neveu Étienne Levassor leur avait vendu en 1666.
Ils le cédèrent à Jehan Lefebvre (du Parlement) et à son épouse Elisabeth Matthieu. Leur fils Jean Lefebvre céda cette propriété en 1666 à Étienne Tranquille Favières, (frère de Guillaume fils) alors Conseiller du roi, Trésorier ordinaire en sa Chambre des Comptes à Paris. Sa veuve en hérita à son décès en 1706.
En 1718, Edmé Tranquille Favières (un des fils de Guillaume) fut désigné « Seigneur d’Heurtebise » (Arch. nat. Y4301, follio4V° ».
En fait les deux frères Etienne Guillaume Favières et Edmé Tranquille Favières sont propriétaires indivis du fief de la nouvelle Seigneurie d’Heurtebise.
En tous les cas ils sont propriétaires au temps de l’édition dans l’Atlas de Trudaine, de la première carte de Gournay selon Mme Eve Golomer qui remarque : « En 1744, apparait dans l’Atlas de Trudaine, la « construction longiligne (sur la route des prés de Noisy) donnant sur un parc en forme de trapèze longeant la route de Champs »[22]
Les frères Favières vendirent la propriété en 1754 à Gaspard-Nicolas BRAÏER de LA MOTTE de RIEUX, (Conseiller du roi en ses conseils, Président honoraire au Parlement de Paris), et à son épouse Marguerite PAJOT ».
Marie Louise JOLY de FLEURY, seconde épouse, veuve de Gaspard-Nicolas BRAÏER, en hérita en 1761.
Le 10 mai 1766, Marie Louise de Joly de Fleury céda le bien » vulgairement nommé Hurtabize » à Charles Gabriel comte du MERLE et à son épouse Françoise GASCARD du MESNIL.
Le 17 septembre 1771, le couple du MERLE céda le domaine à Marie Jeanne GALLIEN.
Marie Jeanne GALLIEN avait épousé, en 1753, l’écuyer Augustin-François MOUFFLE seigneur de CHAMPIGNY et de VALENCE en BRIE, Conseiller du Roy en sa cours de Parlement.
Elle fut veuve du chevalier MOUFFLE en 1768[23].
La Dame de CHAMPIGNY fut marraine de PIERRETTE-AUGUSTINE, une des deux cloches de l’église Saint-Arnoult de Gournay, bénies en 1782. Marie Jeanne GALLIEN Dame de CHAMPIGNY, décédait en 1792, sa fille Marie Anne hérita du domaine d’Heurtebise.
En 1793 Marie Anne GALLIEN céda Heurtebise à Jacques Guillaume Raphaël BOSCHERON, †1825, payeur des rentes à l’Hôtel de Ville, Payeur général de la dette publique, Membre du Conseil Général de la Seine et à son épouse Angélique Catherine BROCHANT des TOURTERELLES †1818.
En 1802 Le couple BOSCHERON vendit à Julie Catherine LAVAL († 1828), veuve d’Aymé Paul FLEURIAU †1793, conseiller secrétaire du roi, armateur à la Rochelle, émigrés en 1791.
Veuve, elle épousa à Londres, Jean Louis Félicité (alors) Comte BRUYERES de CHALABRE (1762 †1838), l’ancien émigré devint baron sous Napoléon 1er, maréchal de camp à la restauration, membre de l’ordre de Saint-Louis. Le Marquis de CHALABRE fut aussi Député de l’Aude.

Marquis de Chalabre
En 1809, Julie Catherine LAVAL vendit à Antoinette Françoise Marie NOMPAR DE CAUMONT- LAFORCE, épousée en 1784 par Hippolite-César GUIGUES de MORETON de CHABRILLAN C’était militaire de très vielle noblesse, émigré en Espagne en 1791, arrêté en 1794, protégé par BONAPARTE. Il fut fait par NAPOLEON 1er Marquis de Montcornet en 1808, et pendant la restauration fut nommé Lieutenant-Colonel et chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Il fut élu au vote censitaire Député de la Drome (1815-1816 ; 1816-1823 ; 1824-1827).
Il fut aussi désigné par le roi, maire de Gournay-sur-Marne de 1816 à 1831, mais cette fonction trop peu prestigieuse n’apparait pas dans ses biographies. (1767-†1835).
Hippolite César GUIGUES de MORETON de CHABRILLAN semble s’être un peu éloigné d’Antoinette Françoise Marie NOMPAR de CAUMONT LAFORCE †1857. Il devint proche de sa voisine à Gournay-sur-Marne, Marie Angélique Victoire DELAMARRE, veuve du sieur François Adrien TRIBOULET †12 mai 1808, fermier de l’exploitation agricole de Gournay et Maire de Gournay-sur-Marne jusqu’à son décès. La veuve Marie Angélique DELAMARRE Veuve TRIBOULET vite remariée à un négociant en Bois, avait pris la suite du bail de fermage de son défunt mari. Elle avait un fils Jean Baptiste TRIBOULET qui reçut l’aide bienveillante de CHABRILLAN pour rejoindre l’unité de son choix.
La dernière fille de CHABRILLAN, Fortunée Louise Innocente Malvina GUIGUES de MORETON de CHABRILLAN (1801-†1866), épousa en 1821, Auguste Victor Comte de MASIN VALPERGUE de BOUY (1791-†1868), qui fut Lieutenant-Colonel au 4ème régiment de cuirassiers.
Au décès du Marquis de Chabrillan en 1835, Malvina hérite du domaine d’Heurtebise que la famille Masin utilisait comme villégiature.
Une famille MASIN -CHABRILLAN était recensée en mai 1856 au château d’Heurtebise à Gournay-sur-Marne, comprenant M. le Comte de MASIN, chef de famille, rentier de 65 ans, officier à la retraite. Mme la Comtesse née Malvina de MORETON de CHABRILLAN, âgée de 65 ans, leur fille Marie de MASIN, 13 ans et la cuisinière Marguerite GIRON.

Façade est d’Heurtebise dessinée vers 1895
Après les décès des MASIN en 1866 et 1868, Gustave-Louis NAST a certainement acquis le domaine d’Heurtebise auprès de la succession MASIN avant l’invasion de la France par la Prusse et ses alliés.
Les garnisons prussiennes et wurtembergeoises qui occupèrent Gournay-sur-Marne de 1870 à 1873 et y cantonnèrent, firent des dégâts dans le parc et détruisirent le mobilier du château d’Heurtebise selon des demandes d’indemnisation déclarées par Gustave NAST.

Façade est du Château d’Heurtebise avant 1903
En 1894, Fernand GOMEL (1845-1897) financier et ancien haut fonctionnaire des finances et son épouse Marie Isabelle PUJOS du COUDRAY (1853-† 1939) achetèrent le domaine d’Heurtebise, probablement sur la suggestion de Hermann NAST leur ami et voisin à Paris.

Fernand Jacques Marie Samson GOMEL (1845-†1897)
En Novembre Fernand GOMEL fut élu conseiller municipal et adjoint de Roger BALLU.
Le Château d’Heurtebise fut rénové et son parc fut réaménagé à l’anglaise.[24]

Vers 1910 Château d’Heurtebise, propriété des GOMEL-PUJOS de 1894 à 1944

Madame GOMEL née Marie Isabelle PUJOS FOUQUES DUPARC DU COUDRAY
(1853-†1939)
Fernand GOMEL est décédé prématurément le 30 avril 1897, Hermann NAST, son voisin, fut témoin de la déclaration de décès à la mairie du 9ème.
Pendant la première guerre mondiale, le château fut réquisitionné pour loger des militaires.
Pendant la seconde guerre mondiale, les caves voutées du château servirent d’abris pendant les bombardements.
Le gardien d’Heurtebise, Roger Rasschaert et sa famille y cachèrent des clandestins de 1943 à 1944.
La Société des Parcs et Attractions de France
En 1943 fut créée entre Monsieur CARON journaliste parisien et Monsieur MAURY, épicier et débitant de boisson à Noisy le Grand, la Société des Parcs et Attractions de France immatriculée au Registre du commerce et des sociétés de Pontoise N°35 075B
La société présidée par M. Eugène Pascal Jules MAURY acheta le 10 octobre 1944 le domaine d’Heurtebise aux héritiers GOMEL-PUJOS.

Vue aérienne de 1946. À gauche, ce qu’il reste du Domaine d’Heurtebise : un château et des bâtiments annexes et un petit parc boisé. Source IGN remonter le temps.
Après des travaux de rénovation et la création d’une large terrasse accessible par les portes fenêtres du rez-de-chaussée et le théâtre de verdure, M. Maury inaugura le 20 avril 1945 le château comme Hôtel Restaurant Banquet, aménageant des chambres à l’étage, une grande salle en rez-de-chaussée faisant salle de banquet ou de danse avec orchestre de jazz, et bar américain.


L’entrée du Château d’Heurtebise en 1950 sur l’avenue Joffre.

La façade est avec sa nouvelle terrasse construite en 1945.
Des musiciens et artistes de music-hall animaient des fêtes et des soirées.
Jacques Guillard avait relevé la visite des artistes habitués :
Henri SALVADOR
André SALVADOR dit JACART
Le trompettiste Georges JOUVAIN
Claude LUTER et son orchestre de jazz
Michel SIMON
Parmi les bons clients de l’hôtel, il y eut Auguste Le Breton qui y écrivit un polar, et parmi les étoiles filantes qui y passèrent une nuit on se souvient de Marcel Cerdan et d’Edith Piaf.
Des mauvaises langues ont pu dire que des chambres étaient louées plusieurs fois par jour.
Toutes sortes de fêtes et célébrations s’y déroulèrent : fêtes des écoles, compétitions sportives, kermesses de la paroisse, banquets d’anciens combattants, etc…
À bonne distance au fond du parc, donnant sur l’avenue Clémenceau fut construite en bois une guinguette exploitée sous l’enseigne « La Guinguette d’Heurtebise » devant une piste de danse. Les accordéonistes MARCEAU V. et Adolphe DEPRINCE s’y produisirent ensemble ou séparément ainsi que de nombreux petits orchestre de musette ou de jazz et rock.

La Guiguette d’Heurtebise en Janvier 1949 ambiance accordéon avec DALFORA

L’exploitation de l’hôtel restaurant cessa vers 1950.

Carte postale de Combier Imp Macon vers 1955, Heurtebise en bas à droite
La Société Parc et Attractions de France céda le domaine d’Heurtebise le 25 et 27 juillet 1954. La SCI du Domaine d’Heurtebise en fit l’acquisition.
Elle échangea sans soulte avec la commune de Gournay plusieurs parcelles.
Elle céda le 22 juillet 1963 une partie importante du domaine à la SCI Résidence Heurtebise.
En 1965, la municipalité fit construire un marché couvert en charpente métallique à l’emplacement d’anciens potagers du domaine.
Les constructions anciennes qui menaçaient de s’effondrer sur la rue des prés de Noisy, puis toutes les constructions furent démolies en 1969.
Manera SA dirigée par André MANERA, Promoteur réalisa en 1982 « les Clos d’Heurtebise » en plusieurs tranches.
PALLAS et CONSTRUCTA réalisèrent la dernière tranche


Bibliographie et sources principales
Abbé LEBEUF : 1758 Histoire du diocèse de Paris (y compris Lagny) tome XV P 176 et suivantes

Jacques GUILLARD : archives et notes SHNGC 1882 à 2010
Yves SERVEAU : Châtellenie de Gournay-sur-Marne : 9 siècles d’histoire de 950 à l’époque moderne. SHNGC 1985
Maryse RIVIÈRE : « Le Roman de Gournay » sous l’égide de la SHNGC, novembre 2008
Eve GOLOMER: « La longue vie du parc d’Heurtebise à Gournay-sur-Marne » in Chroniques historiques N°4 de la SHNGC 11 juin 2011 et bulletin municipal Gournay Infos en 2022.
Mélanie MACOUIN : « Étude documentaire Gournay-sur-Marne Av du Maréchal Joffre »
Éveha – Études et valorisation archéologiques Août 2019
Archives de la Société historique de Noisy-Gournay-Champs
Henri GOURDON de GENOUILLAC : dictionnaire des fiefs de l’ancienne France. E. DENTU éditeur 1862
D’ÉVREUX Jeanne https://www.tombes-sepultures.com/crbst_1258.html ↑
LA RIVIÈRE Bureau de https://www.tombes-sepultures.com/crbst_1347.html ↑
Abbé LeBeuf ↑
Abbé LeBeuf ↑
Selon le médiévalistte Jean BRITTAIN,https://www.medievalists.net/2012/11/hugh-kennedy-of-ardstinchar-joan-of-arcs-scottish-captain/ ↑
Table analytique Tome VI par Adrier Auger et Fernand Bournon https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6375969h.image.r=VENNEDE.f539.hl ↑
LeBeuf ↑
Sauval, compte de l’Ordinaire de Paris, T III P 510 cité par LeBeuf ↑
THIBOUST de BAILLY Robert II http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Thiboust.pdf ↑
THIBOUST Robert II https://parismoyenage.fr/parisiens/fiche.php?nom=Thiboust&prenom=Robert&id=02 ↑
LeBeuf ↑
Abbé LeBeuf: l’abbé a pu confondre Omer LE JARS seigneur engagiste de Gournay-sur-Marne avec G LE JARS, le Seigneur de Gournay sur Aronde (Oise) G. de Le JARS décédait en 1592 et son épouse Jeanne de HACQUEVILLE en 1594. Une de leurs filles, Marie LE JARS DE GOURNAY (1565-†1645) fut écrivain, éditrice et amie (filiale) de MONTAIGNE. ↑
L’abbé L Beuf a peut être confondu G LE JARS avec Omer LE JARS écuyer Sieur de Gournay ancien conseiller du roi. Voir l’épitaphe suivante au couvent des dominicains de Sens.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k298603r.image.r=LE%20JARS.f192.hl ↑
ODET de LA NOUE biographie par Guy de Pourtalès. ↑
[AN MC/ET/CV/234] – Paris (Paris, France) – Inventaires après décès | 1620 – 1621 ↑
« Etienne Favières, « de son vivant, écuyer seigneur du château de Gournay et du fief de la Forge », rappelé dans le préambule du contrat de mariage de Marie LEVASSOR, Dame de Gournay avec Louis ANCELIN en 1668. ↑
Archives Seine-Saint-Denis 80 J 5 : Ratification et enregistrement par le roi d’une vente faite par la maréchale d’Hocquincourt, dame de Gournay, à Etienne Le Vasseur, seigneur du château de Gournay, de l’emplacement d’une maison brûlée pour en appliquer une partie du prix de vente à la réparation du pont de Gournay, 1654-1655. ↑
Selon la requête en opposition de l’abbé Dangeau, Prieur de Gournay, le 2/12/1718 à la vente des biens du Sire de Bourvalais à La Princesse de Conti ↑
Le fief de la Grapine rive gauche du Bras Saint Arnoul : un terrain qui sera plus tard à l’ouest du chemin de noisy la ferme et les potagers du château rouge d’une part et d’autre part à l’est le château d’Heurtebise et son parc. ↑
Tableau des propriétaires d’ Heurtebise par Mélanie Macouin Éveha 2019 ↑
«Le tableau des propriétaires du château d’Heurtebise, © Mélanie Macouin, Evéha 2019 » ↑
Eve Golomer in Chroniques historiques n°4 SHNGC ↑
[AN Y4914A] – Paris (Paris, France) – Registres de tutelles | 01/04/1768 – 15/04/1768 ↑
Eve Golomer « La longue vie du parc d’Heurtebise » publié dans les bulletins Gournay info n°29-30-31 en 2022 ↑
Éveha – Études et valorisation archéologiques Août 2019
Archives de la Société historique de Noisy-Gournay-Champs
Henri GOURDON de GENOUILLAC : dictionnaire des fiefs de l’ancienne France. E. DENTU éditeur 1862
D’ÉVREUX Jeanne https://www.tombes-sepultures.com/crbst_1258.html ↑
LA RIVIÈRE Bureau de https://www.tombes-sepultures.com/crbst_1347.html ↑
Abbé LeBeuf ↑
Abbé LeBeuf ↑
Selon le médiévalistte Jean BRITTAIN,https://www.medievalists.net/2012/11/hugh-kennedy-of-ardstinchar-joan-of-arcs-scottish-captain/ ↑
Table analytique Tome VI par Adrier Auger et Fernand Bournon https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6375969h.image.r=VENNEDE.f539.hl ↑
LeBeuf ↑
Sauval, compte de l’Ordinaire de Paris, T III P 510 cité par LeBeuf ↑
THIBOUST de BAILLY Robert II http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Thiboust.pdf ↑
THIBOUST Robert II https://parismoyenage.fr/parisiens/fiche.php?nom=Thiboust&prenom=Robert&id=02 ↑
LeBeuf ↑
Abbé LeBeuf: l’abbé a pu confondre Omer LE JARS seigneur engagiste de Gournay-sur-Marne avec G LE JARS, le Seigneur de Gournay sur Aronde (Oise) G. de Le JARS décédait en 1592 et son épouse Jeanne de HACQUEVILLE en 1594. Une de leurs filles, Marie LE JARS DE GOURNAY (1565-†1645) fut écrivain, éditrice et amie (filiale) de MONTAIGNE. ↑
L’abbé L Beuf a peut être confondu G LE JARS avec Omer LE JARS écuyer Sieur de Gournay ancien conseiller du roi. Voir l’épitaphe suivante au couvent des dominicains de Sens.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k298603r.image.r=LE%20JARS.f192.hl ↑
ODET de LA NOUE biographie par Guy de Pourtalès. ↑
[AN MC/ET/CV/234] – Paris (Paris, France) – Inventaires après décès | 1620 – 1621 ↑
« Etienne Favières, « de son vivant, écuyer seigneur du château de Gournay et du fief de la Forge », rappelé dans le préambule du contrat de mariage de Marie LEVASSOR, Dame de Gournay avec Louis ANCELIN en 1668. ↑
Archives Seine-Saint-Denis 80 J 5 : Ratification et enregistrement par le roi d’une vente faite par la maréchale d’Hocquincourt, dame de Gournay, à Etienne Le Vasseur, seigneur du château de Gournay, de l’emplacement d’une maison brûlée pour en appliquer une partie du prix de vente à la réparation du pont de Gournay, 1654-1655. ↑
Selon la requête en opposition de l’abbé Dangeau, Prieur de Gournay, le 2/12/1718 à la vente des biens du Sire de Bourvalais à La Princesse de Conti ↑
Le fief de la Grapine rive gauche du Bras Saint Arnoul : un terrain qui sera plus tard à l’ouest du chemin de noisy la ferme et les potagers du château rouge d’une part et d’autre part à l’est le château d’Heurtebise et son parc. ↑
Tableau des propriétaires d’ Heurtebise par Mélanie Macouin Éveha 2019 ↑
«Le tableau des propriétaires du château d’Heurtebise, © Mélanie Macouin, Evéha 2019 » ↑
Eve Golomer in Chroniques historiques n°4 SHNGC ↑
[AN Y4914A] – Paris (Paris, France) – Registres de tutelles | 01/04/1768 – 15/04/1768 ↑
Eve Golomer « La longue vie du parc d’Heurtebise » publié dans les bulletins Gournay info n°29-30-31 en 2022 ↑