L’histoire des deux ports de Gournay
Port du PETIT PARIS entre -250 av JC et 1925
et Port de GOURNAY sur le canal de 1865 à nos jours
Depuis l’âge du Fer (VIII av JC) on pense que les Parisii étaient présents de l’est à Lagny-sur la Marne jusqu’à l’ouest à Mantes sur la Seine.
Aux alentours de l’an 250 avant J.C., la tribu celte des Parisii avait le contrôle de la navigation sur la Seine et la Marne autour de Lutèce, leur ville insulaire qui fut renommée par les romains Lutetia Parisiorum au 1er siècle avant JC et devint Paris vers l’an 300.
Le Petit Paris : les cartographes à partir du XVIIème siècle mentionnent le Petit Paris comme étant le nom du hameau de Gournay-sur-Marne sur la rive droite de la Marne.
Une hypothèse de toponymie[1] signale que le « Par » est l’appellation celtique des embarcations, ce qui fait du Petit Paris un port pour les petits chalands qui empruntaient la Marne en amont. Car on faisait escale au Petit Paris par exemple pour débarquer ou embarquer les marchandises d’un bâteau à l’autre car il fallait de bateaux à fond plat pour franchir le gué et les hauts fonds de Gournay en dehors des crues d’hiver.
Le gué de Gournay-Chelles (à quelques mètres en amont du fort) permettait aux piétons, aux cavaliers et aux chars de traverser facilement la Marne de mai à octobre. Ce passage fut probablement pavé et rendu payant pendant l’antiquité.
Au moyen âge un pont ou un bac reliait le hameau du Petit Paris sur la rive droite, où étaient situé le corps de garde des prévôts de Gournay, à l’île de Baubigny sur lequel était établi probablement sur une butte le fortin seigneurial de Gournay, les potences de justice et la prison.
Car au moyen âge, le seigneur était, dans les limites de sa seigneurie, maître de l’eau et des « droits de rivière ». Il était le seul à pouvoir concéder des droits sur chacun de ces usages de la rivière et de l’eau. Le seigneur de Gournay régnait sur pêche, navigation, usage domestique de l’eau, puisage, flottage du bois, installations de moulin à eau, etc…
Jusqu’au 14ème siècle, le seigneur de Gournay était en principe bénéficiaire des droits payés pour traverser la Marne et des droits pour accoster au Petit-Paris au port de Gournay.
Des franchises de traversée ont pu être consenties aux habitants des paroisses riveraines de Gagny et peut-être de Chelles.
Toutefois le produit de ces droits devait être partagés à partir du XIIème siècle avec le Prieuré de Gournay créé par décision de Guy II de Rochefort dit Guy le Rouge, seigneur de Gournay et de sa seconde épouse Adélaïde peu après leur mariage en 1080. Ce Prieuré fut cédé ensuite par Guy et Adélaïde à l’Abbaye de Notre Dame des Champs.
Les seigneurs consécutifs confirmèrent le bénéfice en faveur du Prieuré d’un nombre croissant d’avantages notamment des portions des droits de pêcherie, des droits de banalité de moulin à eau, droits de passage, etc…
Le Prieuré qui était proche du gué, a peut-être même participé au contrôle des usagers du gué.
Au premier millénaire, les comtes de Paris puis le Duc des Francs disposaient déjà des droits prélevés sur les marchandises transportées sur le fleuve Seine et la Marne. Les rois capétiens descendants d’Hugues Capet en firent autant.
En 1121, le roi Louis VI le Gros (1081-†1137) accorda aux Marchands de l’Eau de Paris un droit de lever 60 sous pour chaque bateau transportant du vin arrivant à Paris. Du vin arrivait déjà par le Marne. Les marchands de l’eau reversaient une part des droits encaissés au roi.
En contrepartie de ces privilèges les Marchands chargés de la police fluviale devaient également veiller à l’entretien des chemins de halage, des postes d’amarrage, des moyens de manutention, des quais de déchargement et chargement.
En 1170,[2] le roi Louis VII accorda par une charte royale le privilège de la navigation à la Hanse des Marchands d’Eau sur 7 à 8 lieux en aval et en amont de Paris soit jusqu’à Gournay-sur-Marne. La Hanse regroupait les armateurs de transport par voie fluviale. En contrepartie, la Hanse reversait au roi la moitié des droits qu’elle encaissait sur la navigation fluviale.
Cette limite à Gournay du privilège géographique de la Hanse Parisienne des Marchands de l’Eau s’explique probablement par trop faible profondeur de la Marne de mai à octobre, à moins de 500 mètres en amont de l’île de Baubigny. Cette faible hauteur d’eau forçait très souvent les armateurs à une rupture de charge (passage sur d’autres bateaux) à Gournay sous la protection de la prévôté du seigneur de Gournay.

Moulage du sceau des marchands de l’eau de Paris (Archives Nationales)
En 1182, un jugement délimita le droit de rivière des moines de Saint-Martin, la filiale de Noisy-le-Grand du prieuré de Notre Dame des Champs, sur la section de rivière entre le pont tournant de Gournay en amont et, en aval le Moulin Folet (vers Bry) [3]
En 1206, Le Seigneur de Bry, Simon et sa femme garantissait aux moines de Saint-Martin de Noisy « le port et le tirage » de la Marne de Bry au pont de Gournay contre une rente.
En dehors des trains de flottage de bois, de mai à octobre la navigation en amont entre Gournay et Vaires dans les deux sens ne pouvait se faire que sur des chalands à fond plat à faible tirant d’eau.
Le transbordement des marchandises sur de plus grands chalands et inversement pouvait se faire au Petit Paris soit de bord à bord sans perdre de temps, soit en plusieurs temps, en passant par le quai (situé en dessous de la Promenade Marx Dormoy près du pont) où pouvait stationner la marchandise. Des constructions voisines sur le Petit-Paris offraient des capacités de stockage et de surveillance de la marchandise.

Sous le nom Górnay figure le symbole de la prévôté sur la rive droite légèrement en amont du pont de Gournay de l’époque (situé près du Château Rouge actuel)
Comme semble l’indiquer les symboles de certaines cartes du XVIIème et XVIIIème siècle la prévôté royale de Gournay avait probablement son poste de garde principal au Petit Paris où se passait les transactions plutôt que sur la rive adverse où pouvait résider le seigneur et où se trouvait alors la potence (à plusieurs cordes) de la justice seigneuriale et une prison.
Le Petit-Paris était aussi une escale pour les bateliers. Un cabaret de marchand de vin était encore signalé sur les cartes en 1731. Les livres des tailles de l’ancien régime montrent que les marchands de vins et cabaretiers étaient plus nombreux qu’aujourd’hui.
Les Marchands de l’eau de Paris régnaient sur les transports pondéreux : bois, céréales, fourrages, laine et sur les moins pondéreux comme les ravitaillements en vin, sel, fruits et légumes.
La Hanse des Marchands de l’Eau exerçait la police fluviale et disposait de sa propre justice.
La Hanse fut finalement intégrée à la prévôté des marchands de Paris entre 1263 et 1268 sous le règne de Louis IX (Saint Louis). Son chef était élu par ses pairs marchands et confirmé par le roi, il était épaulé par quatre échevins.
Il faut noter que la corporation des nautes (les bateliers) exerçait séparément sa puissante tutelle corporative sur la batellerie.
Sous la seigneurie de Jeanne d’Évreux,veuve du roi de France, Charles IV le Bel, dernier capétien, en 1344 une ordonnance royale de Philippe VI de Valois fixe le tarif du pont à péage. Il indique que le tablier central du pont peut être démonté pour laisser passer les navires hors gabaris. De grosses réparations du pont sont faites par les Pont & Chaussée aux frais de la Couronne en 1336
La séquence des destructions et reconstructions du Pont à Gournay est à consulter à l’article Gués, ponts, bacs, forts et châteaux de Gournay sur Marne au fil du temps. https://www.gournay-historique.fr/2024/09/25/3989/ que nous mettons à jour régulièrement.

Fort de Gournay par Claude de Chastillon tel qu’en 1594
Le plan du Fort de Gournay (1593-1595) par Claude de Châtillon, indique la présence d’un fortin à l’entrée du pont sur la rive droite de la Marne. il est protégé par des fossés emplis d’eau de la rivière.
Le Pont de Gournay vu selon le désir du roi Louis XIV

1676 carte des environs de Paris de Bulet & Blondel.
Bien qu’il ait été brulé pendant la Fronde des Princes en 1649, sur cette carte de 1676, le Pont de Gournay reste inscrit car le roi a prévu qu’il soit reconstruit. Le symbole sur la rive droite au pieds du Pont de Gournay indique la présence du corps d’armes de la prévôté royale.

Les environs de Paris, Alexis-Hubert Jaillot 1696

Carte de la prévôté et vicomté de Paris divisée par chastellenies / mise en lumière par Pierre van Lochom (1651-1725) BNF https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85931195
La prévôté est nouveau symbolisée rive droite de la Marne.

Extrait de Carte de la Prévosté et Vicomté de Paris par Guillaume Delisle, avril 1711
En 1672, Louis XIV décida de supprimer les privilèges des Marchands de l’Eau et attribua ses droits à la Couronne en vue de les réassigner à des fermiers ou à des aristocrates.
Les lettres patentes de 1676 accordèrent au seigneur de Bourgneuf « un monopole de navigation et de flottage [sur la Marne] pendant 20 ans ». 35AN F14 1205 .. [4]
Le Petit Paris ou port de Gournay sur une sélection de cartes anciennes.
1° CASSINI 1685 Petit Paris traversé par la rivière Madame ( Rivière des Dames)

Extrait d’un assemblage de cartes de l’atelier Cassini vers 1685 Geoportail
Points remarquables de la carte de Cassini :
Le hameau du Petit Paris figure sur la rive droite de Gournay vers 1685.
Avant 1672 en aval de ce port le voiturier d’eau (marinier) ou le flotteur de bois rentrait dans la partie fluviale de la Hanse des marchands, la confrérie fluviale qui percevait les droits de passage et de stationnement.
P de Gournay signifie Prieuré de Gournay : à noter la présence d’un service de bac signalé en amont du Bras Saint Arnoult peu distant (peut être une centzine de mètres) du Prieuré Notre Dame, filiale de l’abbaye de N.D. des Champs.
2° Abbé de LA GRIVE 1731

Extrait des « Environs de Paris » par l’Abbé de La Grive, planche éditée en 1731.
Le bac est signalé par ses deux débarcadères et le mot « bac » est inscrit rive droite.
La carte signale le « port de Gournay » en aval du bac mais le nom du hameau du Petit Paris est omis.
3° Cours de la Marne de Chalons à Paris
« Cours de la Marne de Chalons à Paris » avec triangulation 1750
Ni le port, ni le Petit Paris ne sont signalés, il n’y a pas de pont mais des bâtiments à l’emplacement des débarcadère et embarcadère du bac dont un est signalé comme Cabaret.
source : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550029481?rk=21459;2
Le cabaret pont remarquable des navigateurs devait servir pour les relèvements du topographe DESNOS.
Les environs de Paris à 3 lieux à la ronde de DESNOS (extrait) 1790
Suivant le décret du 19 janvier 1790 de l’assemblée nationale
Par le Sieur Desnos, ingénieur géographe et libraire du Roi du Danemark, rue St Jacques.
À noter le port de Gournay juste en aval du bac, le Bras Saint Arnoult part de la Marne
Le Bras est alimenté par la Marne et par la branche ouest du Ru de Nesles.
Le transport par la Marne sous l’ancien régime
Le marnois
Dictionnaire de Trévoux 1752 Le bateau marnois
T. n.m. Espèce de bateau médiocre qui vient de Brie ou de Champagne sur les rivières de Marne et de Seine en descendant jusques aux ponts de Paris. Les plus grands ont 12 toises de long, et 16 pieds de large en fond, et 18 pieds sur le bord qui est haut de 4 pieds.
Encyclopédie de Diderot-d’Alembert 1751
f.m.(Marine.) “Ce sont des bateaux de médiocre grandeur qui viennent de Brie et de Champagne jusqu’à Paris sur la Marne et sur la Seine”.
On trouve des informations historiques intéressantes chez J. LETACONNOUX, auteur de l’article « Les transports en France au XVIIIe siècle » publié en 1909 dans Revue d’Histoire Moderne Contemporaine. (voir Persée.)
Notamment des extraits de DAUCHY, Description topographique de la Marne P18 et
de nombreux extraits de AN F14-1205 « Mémoire sur l’état actuel de la navigation et du commerce de la Marne et sur les défauts qui s’y trouvent » (1766)
À consulter également : AN F14 1205(1), avis des députés du commerce sur la navigation de la Marne, 4 juillet 1753.
Sur les trains de bois :
Chaque année la Marne apportait à Paris environ 500 trains ou « brelles » de bois flottés ou attachés à la queue des bateaux.
De mai à octobre, les trains ne pouvaient plus être attelés aux bateaux, on les faisait trainer à la descente par des bœufs (l’attelage de boeufs nécessitait un chemin de halage bien large).
Le radelage consistait à créer un ou plusieurs radeaux de troncs d’arbre, pour descendre les rivières. Le train assemblant plusieurs radeaux était piloté par un ou deux brelleurs équipés de perches.
Sur les caractéristiques des bateaux de Marne
« Longtemps la Marne n’eut que de moyens bateaux, longs de 22 mètres, et chargeant aux hautes eaux de 100.000 à 120.000 livres » (50 à 60 tonnes métriques)
« Dans le dernier tiers du siècle (18ème) sa batellerie s’est augmentée de bateaux de 30 à 40 mètres de long de 6 mètres de large susceptibles de véhiculer en « bonne eau » 250.000 à 280.000 livres ». (125 à 240 tonnes)
Ces grands bateaux partaient pour Paris, surtout de Lagny, de Condé, de Meaux, de Mary, de Lizy et de la Ferté-sous-Jouarre. (AN F14-1205).
Sur les commerces
Les ports de Lagny, de Meaux et de Condé sur Morin pratiquaient surtout le commerce des grains, des farines et des bois. Mary et Lizy centralisaient tous les grains et les bois de la Brie, du Valois et du Soissonnais.
La Ferté sous Jouarre expédiait en outre beaucoup de charbons de bois, de foin, de meules à moulins.
De tous ces ports venait à Paris plus de 36.000 muids de grains et de farines (un muid vaut 1,8m3) et plus de 30.000 cordes de bois (une corde égale 3 stères).
Plus en amont, les ports de Château-Thierry, Dormans, Damery, Épernay, Ay embarquaient 11 à 14.000 queues de vin. (une queue de vin est un tonneau de 412 à 892 litres)
Chalons-sur-Marne, Mareuil, Poigny et Vitry chargeaient aussi des grains notamment plus de 50.000 muids d’avoine, (un muid d’avoine vaut 3,73m3) mais surtout des vins, des huiles de navette, des chanvres, des verreries.
Saint-Dizier, Larzicourt chargeaient plutôt les fers de la Haute-Marne, des bois de charpente et diverses marchandises venues de Lorraine et de Franche Comté.
(AN F14-1205)
Pour les mesures des céréales et foins voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Muid
Sur le trafic global de la Marne à Paris.
En 1766, malgré les difficultés de son cours, la Marne amenait chaque année à Paris 1.200 charges de bateaux, soit une moyenne de 200 bateaux par mois de novembre à avril. (AN F14-1205).
Le Petit Paris et le Bac sur cette carte du Diocèse de Paris par Denis Louis vers 1760
Sur le transbordement au Port du Petit Paris
Longtemps, les maîtrises de la batellerie (indépendamment des privilèges des Marchands d’Eau de la Hanse) dans la pratique, obligeait de décharger la marchandise à quai pour charger dans les bateaux de la batellerie ayant de facto le privilège de Paris.
(Au transbordement nécessité par le tirant d’eau des bateaux à la remontée de la Marne de mai à octobre, pouvait donc s’ajouter en toute saison le transbordement à la descente vers Paris, exigé de facto par la batellerie de Paris).
Le transport des marchandises extraites ou produite au Chesnay propriété du sieur Payen (1789 à novembre 1793) jusqu’au port du Petit Paris.
La navigation était organisée via le canal du Chesnay par des petits chalands depuis la carrière de gypse (au nord de la grande ferme du Chesnay) jusqu’aux fours à chaux ou à plâtre au Petit Paris (Port de Gournay) où les productions des fours du sieur Payen prenait la direction de Paris via le port du Petit Paris.
L’inventaire de la flotte de transport du ci-devant Joseph PAYEN qui fut guillotiné en 1794 faisant suite à la confiscation de ses biens en 1793, était impressionnant avec plusieurs catégories de bateaux pour les matériaux et pour les céréales de ses 200 hectares.
Extrait du plan de l’intendance
L’ancienne ferme du Chesnay de 200 ha, propriété du Prieuré de Gournay fut vendue aux enchères en 1791 comme biens nationaux au Sieur Jean Joseph Payen.
Il modernisa la ferme et simultanément il développa une activité d’extraction de gypse au Chesnay et de production dans ses fours à plâtre et à chaux au Petit Paris.
Pendant la Terreur, le ci-devant PAYEN, proche de la Marquise de Marbeuf Dame de Champs et Gournay, fut dénoncé pour atteinte à la sureté de l’état en octobre 1793 et guillotiné le 6 février 1794.
Inventaire du 5 novembre 1793 des marchandises, bateaux et équipages qui peuvent appartenir à Payen (fait pour le comité de sûreté générale de la convention nationale)
Un magasin à Gournay
3 tonnes de Goudron, un cric, sept ancres, 6 cordeaux, 40 perches, 20 avirons, 6 gros cables, etc..
Des bateaux sur la rivière : (1 toise = 1,949 m)
9 grands bateaux de 18 toises de long, soit 35 mètres de long
4 bateaux de .. toises
2 barquettes,
17 bachots. (Petits bateaux à fonds plats manœuvrable à la godille)
Des bateaux sur le canal du Chesnay
5 bateaux
2 bachots
Sur le Port de Gournay
1206 pièces de bois de charpente
5 toises de moellon tendres pour faire du plâtre.
40 toises de moellon dur.
6000 pavés de 7 à 8 pouces,
35 pierres de taille de Chatillon
2000 tuiles
7000 briques
Sur le bord de l’eau côté village
5000 ardoises
Pour la garde et la sûreté, fut établi le citoyen Pierre Gourlay, garde-port de Gournay.
En 1795 furent vendus aux enchères des biens du défunt Payen qui restaient au Port de Gournay sis au Petit Paris en particulier ses grands bateaux marnais :
le Zéphir, l’Henriette, le Solide, le Neptune et de nombreux petits bateaux (sans doute les bachots du canal du Chesnay).
Désenclavement du Port de Gournay
La desserte routière du port de Gournay fut prise en considération au district de Gonesse dont dépendait la commune de Gournay-sur-Marne en 1801
Le dessin suivant montre le projet d’un accès (en vert) au Port de Gournay depuis la future départementale qui desservira d’abord le bac puis empruntera le pont à péage inauguré en 1829.
Archives Communales (SHNGC) dessin du 18 floréal an 09, soit le 08/05/1801
Extrait du plan du cadastre dit napoléonien de 1819. Archives départementales
Si le hameau du Petit Paris est bien indiqué, le port de Gournay n’est pas marqué mais sa parcelle, propriété de l’état non assujettie aux taxes, n’est pas numérotée.
La création du canal de Chelles (de Neuilly-sur-Marne à Vaires-sur-Marne)
Le Hameau du Petit Paris et les parcelles expropriées pour la construction du canal. (plan de 1848 Archives SHNGC)
Ce dessin montre le Pont à Péage des sieurs Ventadour et Barrés en amont du Port de Gournay sur la rivière de Marne inauguré en avril 1829.
Extrait de la carte des environs (18 lieux) de Paris édition de 1854 d’après BRUÉ
Le Canal de Gournay
La création du canal est décidée par un décret du 29 mars 1809 signé par Napoléon 1er.
On parle alors de « Canal de Gournay » comme en témoigne un concours de sortie de l’école des Ponts et Chaussées de 1808 gagné par Henry Charles Emmery de Sept-Fontaines pour son projet de « Canal de Gournay » traversant le sud de la commune de Gournay-sur-Marne .
Voir l’article de la SHNGC publié en 2024 au sujet de ce projet étonnant qui traçait un canal en ligne droite de l’embouchure du Merdereau à Champs-sur-Mrne jusqu’à l’écluse prévue à l’embouchure du Bras-Saint-Arnoult à Noisy-le-Grand:
https://www.gournay-historique.fr/2024/06/02/le-canal-de-gournay-de-1808/
Projet de Canal de Gournay par Emmery de Sept-Fontaines au sud de Gournay
Extrait de https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b104812133.item
Le Canal de Chelles
Finalement un autre tracé de 9,2 km fut retenu partant de Vaires-sur-Marne jusqu’à Neuilly-sur-Marne. Les travaux de creusement du canal ne commencèrent qu’en 1848 dans le cadre des grands travaux des Ateliers Nationaux.
En 1848, un régiment de dragons était stationné au hameau Petit Paris de Gournay et une prison y était implantée. Des condamnés aux travaux forcés furent peut-être été utilisés pour les travaux de creusement du canal à moins que les dragons et la prison n’aient été prépositionnés là que pour calmer les ardeurs révolutionnaires des terrassiers.
Les travaux de génie civil cessèrent l’année suivante par épuisement des crédits alloués. Les propriétaires expropriés durent prendre leur mal en patience pour être indemnisés 13 ans plus tard.
Une passerelle provisoire permettait tout de même de passer au-dessus du fossé du canal, presque à hauteur du pont à péage de Gournay.
Un décret du 24 mars 1860 ordonna l’achèvement du canal. Les travaux du canal furent donc financés par le budget de 1861 et relancés en 1861. Les propriétaires expropriés reçurent enfin le produit de la vente forcée de leurs parcelles. L’inauguration eut lieu en 1865. [5]
La hauteur d’eau n’était au départ que de 1,60m. Il fallut attendre la construction du barrage de Noisiel en 1887 pour porter la profondeur à 2,2 mètres ce qui correspond au gabarit Freycinet des péniches qui a été créé en 1879 et dont la mise en place nationale fut étalée sur vingt ans.
Caractérisque du standard Freycinet
(L38,5m ; l 5,05 ; tirant d’eau 1,8-2,2 mètres; hauteur libre 4; fret de 250 à 400 tonnes).
Le Port de Gournay fut réalisé sur la rive droite du canal dans le hameau du Petit Paris.
En 1883, des crédits furent votés pour allonger le quai du Port de Gournay sur le canal.
En 1885 le service de navigation de la Marne était un service dépendant des Ponts & Chaussées.
L’ONN office national de la navigation fut créé en 1912, il devint VNF en 1991.
Carte du cours de la Marne et du canal de Chelles – 1900 Gallica

Le Port de Gournay sur le canal de Chelles au 20ème siècle
L’entrepôt du port de Gournay sur le canal en 1900 collection SHNGC
Version colorisée de la même carte.Courtoisie de Famille Hiser.
En 1907, l’activité sur le canal à Gournay est surtout le fait de l’usine de plâtres de Poliet & Chausson à l’emplacement que l’on appelle « le Port à Plâtres »
Carte postale de la Platrière au Port à Plâtres de Gournay (1910).
Éditée par la Maison Arnout, hôtel-restaurant-tabac du Progrès situé entre la Marne et le Canal
Vue de la plâtrière Poliet & Chausson depuis le port de Gournay avril 1910
Vue du port au second plan depuis l’ancien « Pont du Chétivet » à hauteur du « Port à Plâtres » 1909
Le port du Petit Paris sur la Marne au 20ème siècle : dragage et sable
À partir de l’ouverture du canal de Neuilly à Vaires, le service de la navigation a complétement délaissé l’ancien port du Petit Paris sur la rive droite de la rivière Marne, juste en aval du pont à péage de Gournay, le considérant comme une simple berge de rivière, plus aucun droit de dépôt n’était perçu.
En 1875, le maire Gustave Nast engagea des négociations avec la navigation et en 1877, la commune récupéra la propriété de l’ancien port et le droit d’y percevoir des droits de taxe. Un poteau indiquait alors les droits à percevoir pour le stationnement des bateaux, le dépôt des marchandises et matériaux.
Le marchand de sable de Gournay
Le chantier du « marchand de sable » F.A. Bourgeois quai de Chétivet avant 1908
L’entreprise de Ferdinand Alphonse Bourgeois « marchand de sable » à Chelles ayant des concessions de dragage de sables et graviers sur Chelles, Lagny et Pomponne fut mise en vente par licitation le 7 novembre 1908. Gabriel HISER (1883-1956) jeune géomètre originaire du soissonnais en fit l’acquisition et reprit comme employé chef de chantier François BAUDOUIN qui vivait avec son épouse dans une petite péniche stationnée au chantier du quai du Chétivet (ancien Port du Petit-Paris de Gournay).
Courtoisie de la famille HISER
Chantier HISER en 1910 collection SHNGC
Gabriel Hiser avait la concession de l’extraction des sables et graviers de la Marne jusqu’à l’embouchure du Merdereau en amont et a limite de la commune de Gournay en aval.
C’est surtout entre le Merdereau et le pont de Gournay que la drague à vapeur fut exploitée combinée à des barges et un remorqueur à vapeur.
Barges de Gabriel HISER au port ancien de Gournay, quai de Chétivet.
en aval, la péniche logement de M et Mme François Baudouin. Collection SHNGC

Quai de Chétivet, le bateau domicile M et Mme F. BAUDOIN, chef du chantier HISER 1910
Le ponton-grue de Gabriel HISER (personnage à gauche), quai de Chétivet. (Famille HISER)
Deux camions et une grue HISER vers 1913 au Port de Gournay sur le canal (Famille HISER)
Port de Gournay, sur le canal, au chantier HISER probablement entre-deux guerres.
(Courtoisie de la famille HISER)
Le port de Gournay sur le canal, vu d’un bateau en aval du pont, années 1910-1920
Vue sur le port de Gournay depuis la rive gauche du canal vers 1910
Extrait d’une vue aérienne IGN de 1947
Le port vu du pont sur le canal. Editions Marco
Cadastre 2015 (Geoportail.ign.fr)
Le port n’étant pas assujetti à la taxe foncière ses parcelles ne sont pas numérotées.
Vue sur le port de Gournay depuis le pont sur le canal à Chelles. en arrière-plan la plâtrerie
Éditions RAYMON années 50-60.
Vue du port de Gournay depuis la passerelle du SEDIF années 80 (photo SHNGC)
Le Port de Gournay-sur-Marne au 21ème siècle
En février 2010 le « PORT AUTONOME DE PARIS » devenait « PORT de PARIS »
Son agence Seine-Amont gère Bonneuil, Évry, Montereau et 25 ports publics et une trentaine d’installation privées du Val de Marne, de l’Essonne, de Seine et Marne et d’une partie de la Seine Saint-Denis parmi lesquels le Port de Gournay.
Le port met aussi à disposition des espaces locatifs que les opérateurs économiques (amodiataires) peuvent louer au sein du domaine portuaire. C’est le cas depuis les années soixante à Gournay-sur-Marne
En 2010, l’EPIC PORTS DE PARIS a été le maître d’ouvrage des travaux de rénovation : rejointoiement, nettoyage, bétonnage de margelle à Gournay-sur-Marne
Maître d’Œuvre PORTS DE PARIS
Description technique des travaux :
Réparation et renforcement des structures
Travaux subaquatiques / Interventions scaphandriers Injection de maçonnerie
Reprise des bétons dégradés
Reprise des maçonneries
Reprise en sous-œuvre
Le chantier en chiffres : 40 ml
Montant des travaux H.T 245 181 €
source : https://www.groupe-etpo.fr/references/786-port-de-gournay-sur-marne.pdf
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Béton colloïdal par scaphandrier ETPO (Spie Batignolles) |
bétonnage de margelle ETPO (Spie Batignolles) |
Depuis 2021, l’établissement du Port de Paris au Port de Gournay-sur-Marne est devenu un établissement de « HAROPA PORT » EPIC établissement public à caractère industriel et commercial qui comprend les ports maritimes du Havre et de Rouen et le port fluvial de Paris
Son adresse est « rue de Paris » Voir : https://www.haropaport.com/fr
Vue aérienne du port de Gournay et de la ZI de Gournay (Google 2026)
En 2010 la société Matériaux Decarpentrie SAS constituée en 1970 déposait à l’INPI la marque SYNEOS dans les classes 19 : béton; 37: location, TP et carrières; 39 : Transports; 40 traitement de matériaux.
Le Groupe NIVET (https://nivet.fr) via sa filiale SYNEOS GOURNAY, sise 18, Promenade Marx Dormoy, reprise en 2022, est concessionnaire du port de Gournay-sur-Marne.
Remerciements
Madame Danièle EVEN
M. et Mme Jean Claude DECARPENTRIE
M. Lucien Follet
Pour l’exploitation du sable de la Marne, voir l’article que M. Lucien Follet a publié le 04/09/2023 avec le concours de la société historique de Noisy-Gournay-Champs sur le blog lemarneux.fr:
Les plans du Port du Petit Paris proviennent des archives communales et départementales.
Les cartes postales anciennes proviennent des archives communales, des archives la collection de la SHNGC, de collections particulières ou d’internet.
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Maryse Rivière dans le « Roman de Gournay » cite à ce sujet Pierre Gordon auteur de « les racines sacrées de Paris et les Traditions de l’île-de-France ». ↑
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voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Hanse_parisienne_des_marchands_de_l’eau ↑
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AD78 26 J/1 P75 ↑
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Les infrastructures de transport sous l’Ancien Régime – Éditions de la Sorbonne par Cochon, Margairaz et Szulman
La navigation intérieure sous l’Ancien Régime Naissance d’une politique publique par Éric Szulman P.U.Rennes ↑
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https://clubhistoirevaires.wordpress.com/2023/04/17/le-canal/ ↑


































