Gournay vers la fin du second empire, bourgeois l’été, paysan l’hiver
Gournay vers la fin du Second Empire
Au recensement de 1866, la population de Gournay n’était que de 125 habitants répartis entre le « village » sur la rive gauche (80 habitants) et le « hameau » du Petit Paris (45 habitants) situé entre la rive droite de la Marne et la Route Impériale N°34.
Le recensement de 1866 s’est fait au mois de mai sous la responsabilité de M Pierre Regnier, maire de Gournay. Le relevé était accompagne d’une série de statistiques intéressant l’économie et la démographie, le document final faisait onze pages d’informations très intéressantes dont voici un extrait.
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La démographie de Gournay au recensement de 1866 |
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Le hameau du Petit Paris fut coupé en deux avec le creusement du canal de Chelles inauguré en 1865. Un pont sur le canal et le pont à péage sur la Marne construit en 1828 reliait le village et la station Chelles-Gournay inaugurée en 1849. Les 35 ménages permanents étaient répartis pour un tiers au Petit Paris et pour les deux-tiers au village. Là, de confortables villégiatures, dont le Château Rouge, la Faisanderie, l’Hermitage, Heurtebise n’étaient occupées qu’aux beaux jours mais avaient quelques gardiens jardiniers. Tous les immeubles de Gournay dataient au moins du 18ème siècle. De l’autre côté de la route, il y avait, face à l’église, l’ancienne mairie-école, puis un petit immeuble collectif où vécut, quinze ans plus tôt, la famille Carrière et l’hôtel-restaurant-bar-tabac-boulangerie-terminus de l’omnibus hippomobile. Au Château Blanc, alors à vendre, ne logeait qu’un couple de gardiens-jardiniers jusqu’à l’arrivée en 1869 de M. et Mme Charles, premiers lotisseurs du Prieuré.
Le petit village pittoresque, bourgeois l’été, devenait un minuscule village paysan l’hiver.
Sur 125 habitants permanents, l’état civil recensait une cinquantaine d’enfants et de célibataires, les soixante-deux parents et onze rentiers, veufs ou veuves. En effet le recensement indiquait les sources de revenus des foyers. L’agriculture était la principale. La ferme faisait vivre à plein temps 16 personnes, avec 250 ovins et 8 vaches. Huit chevaux servaient aux labours, huit autres chevaux servaient à la mobilité des gournaysiens. Au Petit Paris, quatre hôtels-restaurants-bars, faisaient vivre hors saison douze personnes, en outre deux personnes vivaient de la couture et trois de la blanchisserie. Les emplois augmentaient à l’arrivée des estivants. Enfin n’oublions pas une quinzaine d’habitants vivant des traitements de quatre fonctionnaires de l’état prenant le train à la station de Chelles-Gournay, en plus de quatre personnes vivant sur les traitements versés à l’instituteur et au garde-champêtre.
Mis à part le Prieuré, et surtout le nombre d’estivants, Gournay n’allait pas beaucoup changer jusqu’en 1900.

