HENRI IV et GOURNAY-SUR-MARNE
Gournay pour Henri IV :
Aux yeux d’Henri IV (1553-1610), Gournay n’est qu’une « bicoque » en 1591, et peut devenir en 1592 un emplacement stratégique sur la Marne au même titre que Corbeil sur la Seine à condition de fortifier et d’y mettre une garnison solidement armée.
Après trois mois de retraite Louis de GONZAGUE, le Duc de NEVERS se décide, non sans peine, à revenir en Champagne. En juillet 1591 Il passe près de Gournay-sur-Marne tenue par les catholiques de la ligue.
Henri IV écrit le 3 juillet 1591 dans une lettre rapportée par l’historien Jules BERGER de XIVREY « Lettres et missives de Henri IX » en 1846
Gournay n’étant qu’une bicoque veut cependant résister, le Sieur d’Esternay est blessé en l’attaquant et meurt peu après.

La prise de Gournay par les alliés d’Henri IV date donc bien de l’été 1591.
HENRI IV veut bloquer le ravitaillement de Paris et décide alors de fortifier la « bicoque » afin d’en faire un fort armé de cinquante hommes et de 6 canons dirigés en 1592 et 1593 par un commissaire, Odet de la Tour chevalier protestant, homme d’armes et poète.

Claude de Chastillon, ingénieur du roi a fait ce dessin du fort de Gournay repris dans le recueil Topographie Françoise édition posthume de 1655.[1]
En octobre 1592, Gournay est devenu un véritable fort entouré de bastions de terre et de fossés emplis d’eau déviée de la Marne et du Bras Saint Arnoult.
Des matériaux des maisons du village et même du prieuré sont utilisés pour monter les fortifications.
Les parisiens effrayés par le dispositif du fort de Gournay visant à les affamer le qualifie de « Pille-badauds » la Marne étant utilisée notamment pour le transport des céréales de Brie et pour les trains de bois.
En octobre 1593, HENRI IV en abjurant le protestantisme met fin à la guerre. En 1595, le roi n’a plus besoin d’un fort qui pourrait se retourner contre ses intérêts et charge Sully de le faire détruire. Des corvées royales sont mobilisées à cette fin.
À l’ouest du Fort, creusé dans l’île de Baubigny un fossé plein d’eau qui relie la Marne et le Bras Saint Arnoult, survit au démantèlement du fort jusqu’à l’Empire.
ALLAMAN DE GUÉPÉAN, seigneur engagiste de Gournay adresse au roi une demande d’indemnisation des dégâts causés au bâti local pendant la fortification. Exceptionnellement l’indemnisation est accordée.
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Topographie françoise de Claude de Chastillon 1696 https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/5750/#page=78 ↑