Le banc ou le débarcadère du pont de Gournay-sur-Marne
Retranscription de la voix-off :
Est-ce que tu t’es déjà demandé pourquoi il y a ce drôle de banc en pierre, juste au niveau du pont de Gournay ?
Un banc un peu massif… et un peu trop solide pour être juste là par hasard.
On a découvert cette vieille photo.
On y voit ce fameux banc.
À ce moment-là, je me suis dit qu’il devait forcément avoir une histoire.
A l’époque, traverser une rivière, ça rapportait gros ! Taxes, péages… chaque passage était une source de revenus.
Le problème, c’est que les ponts — en bois ou en pierre — souffraient énormément des crues.
Selon l’état des finances et de la rivière, on alternait entre pont… et bac.
En 1720, le propriétaire du château rouge n’est autre que l’amiral De Court. Un homme visiblement très attaché à sa tranquillité.
Les allées et venues des Gournaysiens près de son château ? Très peu pour lui.
Il exige donc le déplacement de l’église et du cimetière hors du parc du château, vers leurs emplacements actuels.
Mais ça… promis, on y reviendra une prochaine fois
Dans la foulée, l’embarcadère est lui aussi déplacé, loin du château, quasiment à l’emplacement actuel du pont de Gournay.
Il fait même construire, pour le fermier du péage, un bâtiment élégant, dans le style Louis XIII, pour être assorti à son château.
Et bien sûr, il aménage un nouveau chemin pour accéder au bac.
Le dernier bac de Gournay date de 1829. Après ça, un pont à péage entre en service.
Mais le bac laisse derrière lui quelque chose d’important : son débarcadère.
Un énorme bloc de pierre, très lourd pour pouvoir y fixer le câble du bac.
Le débarcadère de la rive gauche, situé à quelques mètres de la butée du pont, est resté exactement là où il était.
Et aujourd’hui ?
Beaucoup pensent que c’est… un banc.
Un autre pont métallique est reconstruit en 1872, et tiendra jusqu’en juin 1940, date à laquelle il est saboté par l’armée française.
Il faut alors improviser.
Un bac provisoire est mis en service, à partir d’une péniche raccourcie appartenant à Monsieur Alfred Decarpentrie.
Le Rutabaga.
Il fallait au moins deux personnes pour le manœuvrer, à l’aide d’un câble attaché… à notre fameux débarcadère.
Le pont Charles-de-Gaulle sera finalement inauguré en 1952.
Mais le débarcadère, lui, est toujours là.
Discret, solide, témoin silencieux de plusieurs siècles de passages, de crues et de traversées.
Et regardez bien, juste sous ce “banc”, au ras de l’eau.
Vous voyez cette anomalie dans le mur ? Cette petite brèche voûtée ?
Ce n’est pas un défaut : c’est le départ du bras Saint-Arnoult.
Mais ça… ce sera pour une prochaine vidéo
Dernière anecdote avant de se quitter.
Si vous regardez à gauche, vous apercevrez des escaliers qui descendent directement dans la Marne.
Ils étaient utilisés par les canotiers et les passeurs.
Parce que oui, le pont à péage avait des horaires peu flexibles.
Alors ces passages offraient une alternative plus libre — et nettement plus bucolique — pour traverser la rivière.
Une fois sur l’autre rive, les usagers regagnaient la ville par ces escaliers.
Comme quoi, à Gournay, même un simple banc peut raconter une sacrée histoire.
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